Dissolutions
Ces dissolutions, dans leur genèse hypermoderne, incarnent un processus d'artificialisation extrême où des fragments d'arbres subissent une cascade de transformations numériques, engendrant des fractales ou des fractales partielles qui effacent toute trace organique au profit d'une perfection formelle implacable. Imaginez ces éclats végétaux, initialement capturés de la nature, ingérés par des algorithmes qui les dissèquent, les symétrisent et les répètent en boucles infinies, jusqu'à ce que l'artefact technologique simule une essence naturelle tout en la niant radicalement. À l'échelle macro, la nature disparaît totalement, remplacée par des formes anthropologiques ou zoomorphiques devinables – une courbe évoquant un torse humain torsadé, un motif rappelant une silhouette animale distordue – qui émergent comme des fantômes dans l'abstraction, liant l'humain ou l'animal à un hybride numérique où seuls les attributs résiduels (une veine boisée pixélisée, une ramification évanescente) persistent au microcosme, témoignant d'une ingestion artificielle qui évoque la nature sans l'être, un simulacre pur où le vivant n'est plus qu'un prétexte à l'overperfection technologique.
Dissolution 86, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 117, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 125, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 127, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 119, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 113e, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dans cette veine, ces dissolutions exacerbent la tension entre le bio et le techno, où la symétrie obsessionnelle et la répétition algorithmique transforment le biotope originel en un artefact évoquant une nature idéalisée, mais vidée de son chaos vital. Les formes, polies à l'extrême, masquent l'effacement progressif des éléments réels – ces arbres fragmentés ne sont plus que des données manipulées, des pixels recombinés en structures anthropomorphiques (un visage implicite dans les courbes fractales) ou zoomorphiques (des appendices évoquant des membres bestiaux), suggérant une artificialisation qui non seulement ingère la nature mais la recrée en un miroir déformant, où le micro révèle encore les vestiges (textures boisées diluées, contours initiaux estompés) comme des reliques d'un monde perdu. C'est une disparition totale camouflée en simulation, où l'artefact technologique, en mimant la perfection naturelle, expose l'illusion d'une maîtrise humaine sur le vivant, réduisant l'organique à des attributs abstraits, évocateurs mais irrémédiablement altérés.
Dissolution 107, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 106, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 101b, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 97b, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 95b, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
Dissolution 94, 2025
Peinture numérique, format A0 ou sur mesure
À l'issue de cette série, le mot "dissolution" se déploie en une analyse sémiotique polysémique, où il signe non seulement la décomposition chimique ou physique des formes naturelles – ces arbres fragmentés se dissolvant en pixels fractals – mais aussi une dissolution symbolique destructrice, effaçant l'aspect nature au profit d'interprétations multiples et souvent annihilantes : dissolution comme effacement ontologique, où le signe naturel (l'arbre réel) cède à un signifiant artificiel vide de référent authentique, évoquant une hypermodernité qui dissout le vivant en données recyclables ; dissolution psychanalytique, comme perte d'identité dans un narcissisme technologique où l'anthropomorphisme (formes humaines devinables) reflète une auto-destruction humaine par sur-technologisation ; dissolution écologique, destructive par essence, où l'ingestion artificielle accélère l'extinction réelle des biotopes, transformant la nature en artefact kitsch, suspect d'une beauté feinte qui porte la trace d'un mystère apocalyptique – le sublime numérique dissimulant la laideur d'un monde dissous, privé de son essence fragile et condamné à une virtualité stérile sans retour.











