Hyper-plantes DDmix
Dans la série DDmix, Andreea Talpeanu explore la végétation en exploitant un attribut de l'hypermodernisme : le remplacement de la réalité par ses particularités. L'hypermodernité, en effet, substitue la nature par ses attraits, tels que des dentelles florales, des tissus de camouflage, des plantes artificielles, ou encore des serveurs remplis d'images de forêts ou d'espèces végétales disparues. Par cette démarche, Talpeanu met en lumière le processus d'artificialisation extrême de notre environnement, suggérant l'émergence possible de nouvelles espèces végétales, voire de plantes génétiquement modifiées. Ces plantes, avec leurs nervures dorées ou leur chlorophylle rose, semblent issues de laboratoires, peut-être conçues pour nourrir des abeilles artificielles ou pour répondre à des besoins esthétiques ou fonctionnels inédits
Cyanae dantellum DF2, 2020,
tissu, fil et peinture acrylique sur toile, 45x52x3cm
tissu, fil, metal sur cadre, 60x60x7cm
Cyanae dantellum Af56j7, 2020,
tissu, fil et peinture acrylique sur toile, 50x65x3cm
Nigrae AXN3, 2021,
tissu et fil sur toile, 87x80x15cm
Cyanae tullum ADNj3, 2022,
tissu, fil et peinture acrylique sur bois, 75x102x3cm
tissu, fil et Posca sur cadre, 80x100x10cm

tissu, fil et Posca sur cadre, 80x100x6cm
L'art de Talpeanu dans DDmix ne se contente pas de représenter cette artificialisation ; il la critique et la questionne. En présentant ces hyper-plantes, à la fois attirantes et indécentes, elle interroge notre rapport à la nature, maintenant réduite à des signes et des symboles. Les tissus qui imitent la végétation, les motifs de feuilles sur les vêtements, tout cela devient une sémiotique de la nature, où la feuille n'est plus qu'un symbole, détaché de son essence biologique. Ces œuvres nous poussent à réfléchir sur la perte de la biodiversité et sur la manière dont nous substituons la véritable nature par des simulacres, des représentations qui, bien que séduisantes, sont vides de vie réelle. Talpeanu nous invite ainsi à une introspection sur notre époque, où la nature est de plus en plus une construction humaine, une création de l'homme pour l'homme, où la beauté naturelle est remplacée par son imitation artificielle
tissu et fil sur bois, 35x50x5cm, collection privée
Ces hyper-plantes, avec leur esthétique surréaliste, pourraient bien être les hérauts d'un futur où la distinction entre le naturel et l'artificiel s'estompe, où la technologie n'est pas seulement utilisée pour imiter la nature mais pour la redéfinir. Talpeanu nous interpelle sur ce que nous perdons dans cette quête de perfection artificielle, sur la profondeur écologique et émotionnelle que nous risquons de sacrifier au nom de l'innovation et de la beauté construite.
RoZ45, 2022,
tissu, fil et peinture acrylique sur toile, 80x100x3 cm
RoZ47, 2022,
tissu, fil et peinture acrylique sur toile, 60x70x3 cm, collection privée
RoZ48, 2022,
tissu, fil et peinture acrylique sur toile, 35x50x3 cm, collection privée
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